Une recrudescence des décharges sauvages pendant le confinement

Pendant le confinement, les déchetteries ont fermé leurs portes, ce qui a donné lieu à une augmentation des décharges illégales, générant des impacts environnementaux, sociaux et économiques. Erwin Regnier, chargé de mission Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET) pour la CCLO et CCPE (Communauté de Communes de la Plaine d’Estrées),  nous explique les conséquences.

Qu’est-ce qu’une décharge sauvage ?

E.R : Cela fait référence à un abandon de déchets sur un espace délictueux par des particuliers ou des entreprises, sans autorisation administrative et/ou sans acquiescement de l’acquéreur du terrain.

Pourquoi faut-il nettoyer ?

E.R : Il faut éliminer les déchets jetés en plein air pour limiter leur temps de dégradation, préserver la biodiversité de notre territoire et éviter une pollution à long terme. Nous avons un devoir de respect de l’environnement pour les générations futures.

Quels sont les impacts ?

E.R : Les conséquences du déversement illégal sont nombreuses et dépendent du type de déchets et du lieu d’élimination. Tout d’abord, les décharges sauvages nuisent à l’intégrité du paysage. Elles sont délétères au tourisme de notre territoire. Ensuite, l’impact sur l’écosystème peut varier considérablement selon la nature des déchets (batteries, peinture, produits sanitaires, huile, etc.). Il existe des risques pour la santé de la population en raison de la pollution des eaux, des sols et d’une inhalation potentielle de gaz toxiques.

Quelle solution est envisageable ?

E.R : Plusieurs actions peuvent être mises en place. Juste à titre d’exemple, dans certains endroits, des bénévoles participent à un défi nommé « le worldcleanupday ». Il consiste à les ramasser dans la nature pendant toute une journée. Cela s’est déjà vu sur les plages. Une année, les élèves d’une école primaire de Cuise-la-Motte ont participé à cette initiative citoyenne et en ont été très fiers. Nous savons que les conditions actuelles liées au Covid ne s’y prêtent peut-être pas pour le moment. Quoi qu’il en soit, à l’échelle internationale, la prochaine journée mondiale de nettoyage devrait se tenir le 19 septembre 2020. En attendant, à défaut de pouvoir y participer, éviter les décharges sauvages est déjà un acte très responsable.

Décharges illégales : quid des sanctions encourues ?

Elles dépendent de plusieurs paramètres : le fait d’être un particulier ou un professionnel, d’être à pied ou motorisé. À titre d’exemple, trois cas de figure :

  • Abandon ou dépôt de déchets par un particulier : contravention de 2e classe, soit une amende forfaitaire de 68 euros (minorée à 45 euros si paiement rapide, majorée à 180 euros si paiement tardif et au maximum à 450 euros en cas de défaut de paiement ou de contestation), selon l’article R632-1 du Code pénal repris par l’article R.541-76 du Code de l’environnement.
  • Abandon ou dépôt de déchets par un particulier transportés en véhicule : contravention de 5e classe, soit une amende d’un montant maximum de 1.500 euros (3.000 euros en cas de récidive) prononcée par un juge, selon l’article R635-8 du Code pénal repris par l’article R541-77 du Code de l’environnement.
  • Abandon ou dépôt de déchets par une entreprise : 2 ans de prison et/ou 75.000 euros d’amende, selon article L541-46 du Code de l’environnement.